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Histoires de BMW : Z3, la belle américaine !

Lancement officiel avec déjà une série spéciale

Sommaire

BMW s’offre une exposition médiatique sans précédent

Mieux qu’une campagne d’affichage, le film GoldenEye a permis d’accélérer le remplissage du carnet de commandes. Si bien que BMW choisit déjà une série spéciale baptisée « James Bond Edition » pour s’assurer de capter les clients déjà conquis par le film. En décembre 1995, cent privilégiés se voient donc offrir une opportunité rare : acheter une réplique exacte de la BMW Z3 1.9 de James Bond, dans la teinte Atlanta Blue avec intérieur en cuir Nappa beige, un badge « 007 » sur la planche de bord et les tapis de sol… mais sans les gadgets explosifs imaginés par Q. Ce modèle exclusif figurait dans le catalogue de Noël Neiman Marcus, symbole du luxe américain.

« En cinq minutes, plus de deux cents commandes avaient déjà été passées, et nous avons dû interrompre les ventes immédiatement, » se souvient Jim McDowell, alors vice-président marketing. « Je me souviens avoir dit à Panke : ‘Notre idée a marché ! Peut-être un peu trop bien… il nous faut 200 voitures maintenant !’ » Finalement, seuls 100 exemplaires de la BMW Z3 « James Bond Edition » seront produits, mais l’engouement fut révélateur : le roadster avait conquis le public américain.

Pour McDowell, le Z3 a changé la perception de BMW aux États-Unis : « La voiture de James Bond a repositionné BMW dans l’esprit des gens : une marque de passion, de mouvement et de performance. » Et les chiffres lui donnent raison. À la fin de 1996, plus de 15 000 exemplaires du Z3 avaient été vendus sur le marché américain. Le roadster suscitait une ferveur rappelant celle de la BMW 2002 à la fin des années 1960. De nombreux acheteurs, venus d’autres marques, sont tombés amoureux du Z3… puis de BMW. Cette année-là, les ventes américaines du constructeur ont dépassé les 100 000 unités pour la première fois, atteignant 105 761 véhicules.

Une rapide montée en gamme… et performances

Sous sa carrosserie élégante, le Z3 reprend la base technique de la Série 3. Les premières versions reçoivent un moteur quatre cylindres 1.9l développant 140 ch, suffisant pour rivaliser avec la Mazda MX-5, mais jugé trop sage par les puristes. La riposte arrive en 1997 avec l’introduction du six-cylindres en ligne 2.8l de 193 ch. Plus large au niveau du train arrière, cette version offre un comportement plus affûté et des performances à la hauteur du design prometteur.

Mais c’est surtout la BMW M Roadster qui change la donne. Dotée du six-cylindres 3.2 litre de 240 ch (contre 321 ch pour la version européenne, 325 ch pour les dernières versions), la version M Roadster transforme le Z3 en véritable sportive. Son châssis rigidifié, sa suspension durcie et sa vitesse de pointe de 250 km/h lui permettent enfin de rivaliser avec les Porsche Boxster et Mercedes SLK.

Mercedes-Benz SLK 32 AMG – BMW Z3 M Roadster

Un bel hommage, un héritage toujours présent

La production de la BMW Z3 s’est achevée le 28 juin 2002, après 297 087 exemplaires assemblés, un record absolu pour un roadster de la marque. Le dernier véhicule produit trône désormais fièrement dans le musée BMW de Spartanburg, là où tout a commencé. Ce modèle emblématique a ensuite cédé sa place à son successeur, le Z4 E85, plus moderne et sophistiqué, doté d’une structure renforcée, d’un habitacle plus cossu et d’une technologie de pointe pour l’époque.

Trente ans plus tard, le Z3 demeure l’un des symboles les plus marquants de BMW dans les années 1990. Il n’était ni le plus rapide ni le plus technologique, mais il incarnait l’essence même du plaisir automobile : la liberté, la simplicité et le pur goût de la conduite. En cela, il renouait avec l’esprit du légendaire BMW 507, dont il reprenait la philosophie plus que la forme.

Son design intemporel, ses proportions équilibrées et son retour à une expérience analogique en font aujourd’hui une véritable icône moderne. Le Z3 représente une époque où BMW osait encore construire une voiture pour une raison simple et belle : le plaisir de conduire. Qu’il s’agisse d’un petit roadster quatre cylindres ou d’un rare M Coupé S54, chaque version rappelle une période où le constructeur bavarois faisait battre le cœur des passionnés avant tout pour le frisson du volant.

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