Sommaire
Aux USA, le V8 est roi, raison pour laquelle BMW opta pour cette nouvelle architecture pour sa M5 de troisième génération (E39). Le résultat est un bijou d’ingénierie, fantasme absolu de tout béhèmiste.
Quand les USA dictait la nécessite de posséder un V8
Bien que né en France, le V8 est devenu une icône américaine dès 1914 avec le V8 Cadillac à soupapes latérales. Et très vite, il incarne la puissance à l’américaine. Depuis, vendre aux États-Unis sans V8 devient presque impossible. Sans lui, une voiture semble sous-motorisée, mal équipée ou sans caractère. Donc tous les constructeurs s’y plient.
BMW ne fait pas exception. En 1956, la marque lance son premier V8, le M502, inspiré d’Oldsmobile. Il équipe plusieurs modèles destinés avant tout au marché américain. Mais en 1965, cet épisode prend fin. BMW revient alors aux quatre cylindres en ligne pour les petites voitures. Puis aux six cylindres en ligne pour les versions haut de gamme. Pourtant, cette architecture atteint ses limites quand Lexus envahit les routes américaines avec ses V8. Alors BMW réagit. En 1992, le V8 M60 apparaît en Europe sur les 530i, 540i et 740i. Puis il débarque deux ans plus tard aux États-Unis.
A l’heure de réintroduire des V8 dans la gamme
Pendant ce temps, à Garching, la division M fait face au même dilemme. Au début des années 1990, les M5 et M6 utilisent toujours une évolution du six cylindres M88. Ce moteur date de la M1 de 1978. Il évolue pourtant jusqu’à 340 chevaux sur la M5 E34. Cependant, il atteint sa limite technique. Et il est presque égalé par le plus compact S50 de la M3 E36. Donc sa position devient fragile.
En 1993, le projet de la nouvelle M5 E39 démarre. Et deux options s’opposent. Un V8 atmosphérique. Ou un six cylindres turbo. Alex Hildebrandt, chef de projet, l’explique sans détour. Le contexte énergétique en Europe reste tendu. Et la demande pour ce type de voiture n’est pas garantie. Kalbfell pousse pour l’efficience. Pas moins de puissance. Mais une meilleure efficacité énergétique. Or un V8 reste un V8. Et huit cylindres demandent plus de carburant. Le turbo, à l’époque, apporte surtout de la puissance en haut. Mais peu de couple au milieu. Et il augmente la consommation.

M5 E39 : BMW l’imaginait d’abord avec un V6
Histoires de BMW : Série 5 (E39), la routière au sommet de son art
Histoires de BMW : M3 Lightweight, la version spéciale USA
Histoires de BMW : Série 7 (E38), le plaisir de conduire