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Histoires de BMW : Neue Klasse, mère de la nouvelle ère

BMW se forge une nouvelle identité

Sommaire

La redécouverte d’un ADN oublié

Bien avant que le slogan « Le plaisir de conduire » ne soit gravé dans le marbre de la communication BMW, son essence était déjà pleinement incarnée par la Neue Klasse. Aux yeux de Marc Thiesbürger, fin connaisseur de l’histoire de la marque, ce modèle représente la redécouverte de la berline sportive de taille moyenne : il réussit en effet le tour de force de transposer dans les années 1960 les qualités fondamentales des BMW 326, 327/28 et 328, ces automobiles qui avaient, dans les années 1930, gravé l’image de BMW dans les mémoires. En comblant le vide de sa gamme, BMW ne se contenta pas de colmater une brèche : il créa son propre territoire, son propre segment. La sportivité alliée à l’exclusivité. Une nouvelle classe, au sens plein du terme.

Aujourd’hui, la Neue Klasse est unanimement considérée comme l’ancêtre de la Série 3 et de la Série 5, les berlines sportives de référence dans leur catégorie. Son héritage est simple et puissant : elle structura la gamme BMW avec une clarté et une logique qui, pour l’essentiel, perdurent jusqu’à nos jours, les lignes X et la Série 1 mises à part, introduites bien plus tard. Dès la fin des années 1970, la gamme s’articulait déjà autour de la Série 3, de la Série 5 et de la Série 7, un triptyque fondateur.

La portée de la Neue Klasse dépassa largement les frontières allemandes : elle permit à BMW de muer, en quelques années, d’un constructeur à vocation principalement nationale en un acteur de plein exercice sur la scène mondiale. Partout dans le monde, les journalistes spécialisés encensèrent le modèle. En avril 1968, le critique automobile américain David E. Davis, dans les colonnes de Car and Driver, ne mâcha pas ses mots pour clamer l’évidence : selon lui, des millions d’Américains allaient commettre une terrible erreur en achetant n’importe quelle autre voiture plutôt que la BMW 2002. La Neue Klasse ouvrit ainsi la voie à la création de filiales commerciales dans les marchés d’exportation stratégiques : États-Unis, France, Royaume-Uni, donnant le coup d’envoi d’une phase d’expansion intense et durable.

Le moteur M10 entrouvrera la porte de la compétition

Sous le capot de la Neue Klasse se trouvait un bloc qui entrerait dans la légende. Le moteur conçu par Alexander von Falkenhausen (la famille M10) était simple, robuste et incroyablement adaptable. Un bloc en fonte, une culasse en aluminium et une distribution à arbre à cames en tête formaient un ensemble en avance sur son temps. C’était un moteur pensé pour l’avenir… et c’est exactement ce qu’il est devenu. Le même moteur qui animait une paisible berline de taille moyenne allait, après des années d’évolution, se retrouver en Formule 1… …et dépasser les 800 ch.

Depuis la 1500 à la 2000 tii, cela donna naissance de la berline sportive. Le succès de la BMW 1500 a ouvert la voie à une série de versions qui allaient façonner l’ADN sportif de la marque :

  • BMW 1800 (1963) – plus de puissance, de meilleures performances
  • BMW 1800 TI – 110 ch et un tempérament résolument sportif
  • BMW 2000 tii (1969) – injection électronique et 130 ch

Les versions les plus performantes frôlaient les 200 km/h, un chiffre absolument impressionnant pour l’époque. BMW cessait alors d’être seulement un constructeur automobile : elle devenait un constructeur d’émotions. Du Nürburgring au sport automobile, la preuve fut donnée par la piste. La Neue Klasse n’a pas tardé à démontrer son potentiel en compétition. En 1964, Hubert Hahne domina le championnat de voitures de tourisme, remportant 14 courses sur 16. Deux ans plus tard, il entra dans l’histoire en bouclant la Nordschleife (boucle nord du Nürburgring) en moins de 10 minutes (9 min 58 s) au volant d’une BMW 2000 TI. À cet instant précis, le slogan « le plaisir de conduire » cessa d’être un argument marketing : il devint une réalité.

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