Sommaire
Si la Neue Klasse d’aujourd’hui introduit la nouvelle ère électrique de BMW, il y a 65 ans, elle réinventa la firme de Munich !
Une « Neue Klasse » par siècle
La Neue Klasse fait aujourd’hui la une de l’actualité automobile, sous la forme d’une nouvelle famille de véhicules 100 % électriques. Ce programme est absolument central dans la stratégie du groupe : BMW s’est en effet engagé à atteindre la neutralité climatique totale sur l’ensemble de sa chaîne de valeur d’ici 2050 au plus tard (un cap fixé par l’ex-PDG du Direction de BMW AG, Oliver Zipse), et la Neue Klasse en est à la fois le symbole et le fer de lance. Mais avant d’incarner cet avenir électrique, le nom Neue Klasse appartient à l’Histoire. Il désignait autrefois une voiture qui a littéralement sauvé BMW.
La première Neue Klasse n’était pas une simple automobile : c’était une révolution sur roues, celle qui inventa de toutes pièces le segment de la berline sportive de taille moyenne. Entrée en production en 1962, elle changea durablement le visage de l’industrie et celui de BMW, amorçant une lignée dont la BMW Série 3 et la BMW Série 5 sont aujourd’hui les héritières directes. Mais qu’est-ce qui rendit ce modèle si décisif, si irrésistible ?
Il fallait que BMW se modernise
À la fin des années 1950, la gamme automobile de BMW manquait de cohérence. Aux grandes berlines V8, voitures de sport et coupés (impressionnants mais difficiles à vendre) s’ajoutaient de petits modèles atypiques comme les BMW Isetta et BMW 600, qui assuraient tant bien que mal la survie de l’entreprise. Les passionnés de la marque attendaient toujours une voiture « de classe moyenne » capable de renouer avec les attributs typiques de BMW : sportivité, élégance et qualité, dans la lignée des modèles d’avant‑guerre comme la 326.



BMW prit alors conscience de l’urgence de développer une voiture intermédiaire attrayante. Même la populaire BMW 700 ne constituait qu’une solution temporaire, sa conception ne permettant pas de véritables évolutions futures. Après que la famille Quandt eut repris les engagements financiers envers BMW en 1959, le développement de la Neue Klasse (la Nouvelle Classe) s’accéléra. Au salon de Francfort (IAA) de 1961, BMW put présenter une toute nouvelle berline de segment moyen : la BMW 1500. Avec ce modèle, ancêtre d’une série produite jusqu’en 1972, BMW réussit sa percée comme constructeur automobile moderne doté d’un programme industriel cohérent. La nouvelle BMW 1500 posa les fondations du succès durable de la marque à l’hélice. En 1972, elle céda sa place à la première génération de BMW Série 5.
Cependant, le nom Neue Klasse ne fut pas, dans un premier temps, la dénomination officielle de cette série, il s’imposa rapidement dans la communication de la marque à partir de 1964, notamment après le lancement de la BMW 1800 en 1963. Et ce, avec une assurance totale, presque provocatrice. BMW avait la conviction intime d’avoir mis au point « une nouvelle classe, unique et sans équivalent », pour reprendre les mots de Marc Thiesbürger, porte-parole de BMW Group Classic.
Cette conviction n’avait rien d’une posture marketing : elle reposait sur une nécessité existentielle. La situation financière du groupe était alors des plus précaires, et c’est dans ce contexte de survie que Herbert Quandt prit, en 1959, l’engagement décisif de maintenir BMW sous pavillon indépendant. Dès lors, toutes les forces créatrices de l’entreprise se concentrèrent sur ce projet de berline moyenne, déjà à l’étude en interne. Lors de sa présentation au Salon de Francfort en 1961, le verdict fut immédiat et sans appel : le public fut conquis, la presse spécialisée enthousiaste, et les carnets de commandes se remplirent à une vitesse stupéfiante.



Histoires de BMW : Série 7 (E32), le V12 en costume
Histoires de BMW : Série 5 (E39), la routière au sommet de son art
Histoires de BMW : ZBF 7er, l’idée d’une Série 9
Histoires de BMW : E1 (1991), elle servira d’étude pour la future i3