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Histoires de BMW : X7, imaginé dès les années 90

Un grand SUV... mais positionné luxe !

Sommaire

Le X7 devait conserver l’ADN BMW

Sur le plan du positionnement, le X7 s’installait dans la sphère du luxe. « Comme la Série 8 qui remplaçait la Série 6, il symbolisait le haut du pavé », ajoutait Steinberg. « Ce n’était pas un X5 agrandi, c’était une déclaration de statut », précisait Alini. « Le concept X7, avec sa calandre monumentale, m’avait presque choquée à Munich. Mais cette verticalité, ces phares fins… tout respirait la modernité. »

La fameuse double calandre, la plus imposante jamais montée sur une BMW, encadrait des optiques effilées soulignant la largeur du véhicule. Les lignes nettes, les surfaces épurées, les jantes de 22 pouces : tout visait à allier prestance et légèreté visuelle. Présenté en septembre 2017 au salon de Francfort sous le nom de Concept X7 iPerformance, le géant bavarois fit forte impression. Capable d’accueillir sept adultes, ou six avec des sièges « capitaine » au second rang — une idée d’Alini inspirée des SUV américains —, il alliait grand luxe et ingéniosité.

« Ces sièges, c’était la liberté », expliquait-elle. « Les enfants pouvaient passer directement à l’arrière sans escalader les dossiers. J’ai dû convaincre Munich avec des vidéos d’enfants grimpant dans un X5, sneakers aux pieds et tête au plafond. »

Le marché US clairement visé !

Le marché américain, appelé à représenter plus de la moitié des ventes mondiales, eut gain de cause. Mais il fallut composer avec les exigences chinoises : confort princier et vaste console centrale. « Nous cherchions un passage fluide ; eux, le prestige d’un salon roulant », sourit Alini.

Elle obtint son compromis et ses porte-gobelets. « Aux États-Unis, chaque passager doit en avoir un », insistait-elle. « Munich voulait les placer au sol, mais c’était dangereux pour accéder au fond. J’ai bataillé pour chaque détail. » Le X7 adopta aussi des portes arrière allongées, facilitant l’accès à toutes les rangées, et des sièges entièrement électriques, ajustables depuis le coffre ou le poste de conduite.

Alini insista enfin pour conserver le hayon divisé du X5, si apprécié des Américains. « C’était un atout unique et très fonctionnel », expliquait-elle. BMW céda, dotant le X7 d’un système électrique à double volet. L’habitacle, baigné de lumière grâce à un immense toit panoramique, fut conçu comme un salon aérien.

Même la troisième rangée profitait de son propre panneau vitré et d’une climatisation cinq zones, une première. « Les passagers, ou même les animaux, bénéficient du même confort », notait Alini. « Ce n’est plus le coffre, c’est une vraie place. » Côté raffinement, BMW n’épargna aucun détail : cristaux sur les commandes, éclairage d’ambiance, diffusion d’arômes. « Je trouvais cela excessif au début », avoue Alini. « Mais l’effet était superbe, et l’ADN BMW restait intact. »

Un lancement commercial réussi

En 2018, des avant-premières exclusives organisées dans 125 salons privés à travers les États-Unis déclenchèrent l’enthousiasme. Les précommandes affluèrent : plusieurs centaines dès les premières 24 heures. Premier modèle BMW disponible en précommande en ligne, le X7 marqua aussi une nouvelle ère de service client. Les concessionnaires offrirent désormais enlèvement du véhicule, rendez-vous express, et prestations sur mesure, symboles d’un passage du “premium” au “luxe”.

La production débuta à Spartanburg en décembre 2018. Trois mois plus tard, en mars 2019, le X7 entrait officiellement en scène. Deux versions ouvraient le bal : le six-cylindres xDrive40i (73 900 $) et le V8 xDrive50i (92 600 $). Toutes deux dotées d’une boîte automatique à huit rapports et d’une suspension pneumatique adaptative.

BMW ne proposa le X7 qu’en transmission intégrale, gage de noblesse et de cohérence technique. Avec ses aides à la conduite les plus avancées, son infodivertissement dernier cri et une liste d’options interminable, il devint le fleuron de la gamme SAV. Jamais le volume de production ne rivaliserait avec celui des X5 ou X3, mais qu’importe. Le X7 n’était pas une voiture de masse. C’était une vitrine. Et, à chaque exemplaire livré, BMW signait une promesse : celle du luxe selon Munich, taillé pour les familles américaines et sculpté dans la rigueur allemande.

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