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Le BMW X7, le grand SUV haut de gamme est arrivé sur le marché en 2019, mais celui-ci était déjà dans les esprits des dirigeants dans les années 90, notamment chez BMW USA.
X7, ce vent de changement imaginé dans les années 90
Dans les années 1990, un vent de changement soufflait sur les parkings des écoles américaines. Les célèbres Soccer Moms, ces mères de famille pressées, délaissaient peu à peu leurs fidèles monospaces pour des SUV plus valorisants. Mais, une fois au volant de leur Ford Explorer, Jeep Cherokee ou, après 1999, du BMW X5 première génération (E53), un manque se faisait sentir : celui de la fameuse troisième rangée de sièges, si pratique pour transporter enfants et équipiers.
Chez BMW, les stratèges de produit en étaient conscients. Lorsqu’ils s’attelèrent à la conception du second X5 (E70), une certitude s’imposa : pour rester compétitif, il fallait plus de places. « Nous avons tout tenté pour intégrer une troisième rangée », se souvient Rich Brekus, alors directeur de la planification produit chez BMW Amérique du Nord. « Albert Biermann a fait un travail remarquable, mais cette troisième rangée n’était pas vraiment viable. »
Lancé en 2006, l’E70 ne s’était pas véritablement affranchi des dimensions de son aîné. L’empattement n’avait gagné que 11,4 cm et la longueur totale à peine 18,7 cm. BMW avait bien ajouté deux sièges supplémentaires, mais l’espace restait exigu, presque symbolique. Les passagers s’y pliaient comme dans une cabine d’avion, privés de lumière et d’air.
Un X5 rallongé a vu le jour…
« Il existait un marché pour un X5 plus grand », poursuivait Brekus. « Nous rêvions d’un X5L, un supplément de 3 000 dollars pour plus de longueur. À Munich, ils évoquaient déjà un X7. Mais ce que voulaient les familles américaines, c’était simplement une vraie troisième rangée, pas un vaisseau amiral. »
Munich, justement, voyait plus grand, plus luxueux. Et les concessionnaires aussi. « Chaque jour, on me demandait quand arriverait le X7 », confiait Ludwig Willisch, nommé patron de BMW North America en octobre 2011. Sans grand SUV à trois rangées, la marque perdait du terrain face à Mercedes, Cadillac ou Lincoln, rois des banquettes triples et des escapades familiales.
« Les clients européens n’auraient jamais envisagé une voiture américaine », expliquait Willisch. « Mais pour un SUV, la donne changeait. Et si nous n’étions pas prêts, nous perdions la partie. »



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