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Histoires de BMW : X7, imaginé dès les années 90

BMW décida de combler un manque dans la gamme

Sommaire

Un SUV à trois rangées nécessaire

En décembre 2011, Willisch plaida la cause du X7 devant le conseil d’administration. « J’ai démontré combien nos concurrents vendaient dans ce segment où nous n’étions pas présents. Le président, Norbert Reithofer, m’a répondu : “Ludwig, tu as raison. Ce modèle verra le jour.” »

La prophétie prit corps fin 2014, lorsque BMW annonça un investissement d’un milliard de dollars pour agrandir l’usine de Spartanburg, en Caroline du Sud. Véritable sanctuaire des SUV bavarois, le site tournait déjà à plein régime pour assembler les X3 et X5. L’extension devait accueillir un nouveau modèle, identifié comme X7, avec une mise sur le marché prévue (un peu ambitieusement) pour février 2017.

Le projet X7, né d’une demande américaine, allait être façonné par BMW North America. Après le départ de Brekus, Paul Ferraiolo reprit la direction de la planification produit. En décembre 2014, il confia à Kate Alini la mission de piloter le développement local du futur X7, ainsi que celui des luxueuses Série 7 et Série 8. Alini incarnait parfaitement la cible. « Je conduisais un X5 E70, avec trois enfants à déposer chaque matin », raconte-t-elle. « Aux États-Unis, les zones de dépose sont chronométrées. Je bloquais la file, car faire descendre les enfants, surtout celui du fond, prenait une éternité. »

La firme allemande sous influence américaine

Comme la scène du school drop-off restait un mystère pour les ingénieurs allemands, Alini leur envoya des vidéos. Elle voulait leur faire comprendre la nécessité d’un accès plus fluide, d’une troisième rangée digne de ce nom. Les SUV américains, bâtis sur des châssis de pick-up, avaient cet avantage. Le X5, lui, reposait sur une architecture monocoque plus compacte, limitant les marges.

BMW tenta bien de concevoir un X7 sur la base du X5 F15, sans succès. « Les passages de roues étaient trop petits », admettait Willisch. « Esthétiquement, la voiture semblait disproportionnée. Il fallait une nouvelle plateforme. » Cette base, ce fut le châssis modulaire CLAR, inauguré en 2015 avec la Série 7 G11. Il offrait la flexibilité tant attendue. Grâce à lui, BMW put enfin imaginer un X7 spacieux, élégant et fonctionnel. Plus grand que tous les SUV de la marque, sans tomber dans la démesure d’un Cadillac Escalade ou d’un Navigator.

« Le X7 est plus étroit qu’un Mercedes Classe G ou qu’un Lincoln », expliquait Rich Steinberg, successeur de Ferraiolo. « Mais nous avons longuement travaillé pour optimiser l’accès à la troisième rangée. » Reste qu’il devait conserver l’ADN BMW : agilité, précision, plaisir. « Nous perdions des clients qui aimaient conduire nos voitures mais manquaient d’espace », notait Steinberg. « Le X7 devait concilier espace et sportivité, sans trahir notre signature. »

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