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Vincent Salimon : « je lance un défi au gouvernement français »

Le Groupe BMW vise 1,7 million de voitures vendues en 2026, s’appuyant sur l’optimisme du marché et les cycles économiques favorables. Vincent Salimon lance également un défi au gouvernement français.

BMW se veut pragmatique, mais optimiste !

Lors de ses vœux 2026 lors du Salon Rétromobile 2026, Vincent Salimon, Président-Directeur Général de BMW France, a dressé un bilan sans concession du marché automobile français tout en affichant une confiance mesurée pour l’année à venir. Entre réalisme économique et ambitions stratégiques, le dirigeant a exposé sa vision d’un marché qui doit impérativement se redresser, tout en soulignant les performances remarquables du BMW Group dans un contexte difficile.

BMW affirme sa position de leader incontesté du segment premium, tant au niveau mondial qu’européen et français. Sur le marché hexagonal, le groupe a franchi un cap historique avec une part de marché de 5,3 %, consolidant ainsi sa première place dans sa catégorie. Cette performance s’appuie sur une stratégie claire : démontrer que rentabilité économique et responsabilité environnementale ne sont pas incompatibles.

Les chiffres témoignent de cette dynamique. En Europe, BMW Group a enregistré une progression de 28 % de ses ventes de véhicules électriques, atteignant une pénétration de 25 %. En France, cette performance est encore plus marquée avec 33 % de véhicules électriques dans les ventes totales du groupe. Ces résultats illustrent l’engagement du constructeur dans la neutralité technologique et son investissement soutenu dans toutes les motorisations, y compris l’électrique.

Un diagnostic sans complaisance du marché automobile français

Vincent Salimon n’a pas mâché ses mots concernant l’état du marché français. « Le marché n’est pas satisfaisant », a-t-il affirmé d’emblée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une baisse de 5 % sur une base déjà très faible, et surtout un recul de 26 % par rapport à 2019. « Ce n’est pas acceptable », a martelé le dirigeant.

Cette situation préoccupante entraîne des conséquences en cascade. Le parc automobile français vieillit dangereusement, prenant actuellement six mois d’âge supplémentaire chaque année pour atteindre désormais 12 ans en moyenne. « Un parc qui vieillit, c’est un parc qui émet plus de CO2, et ce n’est pas acceptable », a souligné Vincent Salimon, insistant sur l’urgence de renouveler ce parc.

L’impact fiscal est également considérable. Avec 400 000 voitures manquantes sur un marché qui devrait atteindre 2 millions d’unités au lieu de 1,6 million, ce sont 2,5 milliards d’euros de TVA qui ne rentrent pas dans les caisses de l’État chaque année. « Non seulement on ne travaille pas sur le développement de la mobilité responsable, mais en plus on fait souffrir les caisses de l’État », a déploré le PDG.

Un consommateur perdu dans l’instabilité réglementaire

Au-delà des chiffres, Vincent Salimon a identifié une cause majeure de cette crise : l’instabilité réglementaire. « Le client est perdu, il ne sait pas comment se positionner, parce que ça bouge en permanence », a-t-il expliqué. Plus de 20 changements de réglementation fiscale automobile ont été recensés en France au cours des cinq dernières années, créant un climat d’incertitude qui paralyse les décisions d’achat.

« Je lance un défi au gouvernement : atteindre 442 000 immatriculations de BEV en France en 2026, soit +35 %, ce qui correspond au volume que BMW Group a vendu dans le monde cette année. Pour ce, il est essentiel de mettre en place un abattement fiscal pour les véhicules BEV non éco-scorés et un bonus réparti entre véhicules neufs et d’occasion » poursuit-il.

Le dirigeant a balayé l’argument souvent avancé de l’augmentation des prix automobiles. S’il reconnaît cette hausse comme un fait, il relativise son impact : les prix ont augmenté dans les mêmes proportions dans les pays voisins, et pourtant le marché européen a progressé de 3 % en 2025. « Ça veut dire que l’augmentation de prix, ce n’est pas la raison unique », a-t-il précisé, pointant du doigt le manque de visibilité comme raison principale de l’atonie du marché français.

« Il faut de l’anticipation, il faut de la stabilité », a plaidé Vincent Salimon, appelant également à des mesures incitatives plus fortes pour encourager l’acquisition de véhicules électriques.

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