Il était le visage de la résilience, Alessandro Zanardi, pilote d’exception et athlète hors norme, nous a quittés à l’âge de 59 ans ce 1er mai 2026.
Zanardi, la légende au courage d’acier
En bref :
- Un destin brisé : Ancien pilote de F1, il perd ses deux jambes dans un accident en 2001.
- L’homme de BMW : Il a réalisé des retours historiques avec BMW, en WTCC, DTM et GT3.
- Légende paralympique : Quadruple médaillé d’or en handbike (2012 et 2016).
- Une vie de résilience : Il a lutté jusqu’au bout avec une détermination exemplaire.
- Un héritage éternel : Décédé à 59 ans, il laisse une trace indélébile dans l’histoire du sport.
Alex Zanardi, pilote d’exception et athlète hors norme, nous a quittés à l’âge de 59 ans, laissant derrière lui le souvenir d’un homme que rien, pas même le destin le plus cruel, ne pouvait briser. Le monde du sport automobile est en deuil, Alex Zanardi n’était pas seulement un pilote de Formule 1 ; il était un symbole universel d’espoir. En Allemagne, son nom résonnait avec une émotion particulière, liée à son histoire indissociable de la marque BMW, mais aussi au souvenir indélébile de ce jour de 2001 au Lausitzring où sa vie a basculé. Amputé des deux jambes après un accident d’une violence inouïe, il avait transformé cette tragédie en un nouveau départ, prouvant que l’âme humaine n’a pas de limites.
Pour Alex Zanardi, l’abandon n’a jamais été une option, mais une insulte à sa propre détermination. Avec le soutien indéfectible de BMW, il a orchestré l’un des retours les plus spectaculaires de l’histoire du sport. Installé dans des cockpits spécialement adaptés aux couleurs de la firme munichoise, il a conquis plusieurs victoires en Championnat du monde des voitures de tourisme (WTCC) avant de s’offrir, en 2006, le luxe de piloter à nouveau une Formule 1 chez BMW Sauber.
Sa soif de vitesse ne s’est pas arrêtée là. Au fil des années, le champion italien a continué à démontrer son talent de classe mondiale en s’alignant sur des épreuves d’endurance prestigieuses, telles que les 24 Heures de Spa ou du Nürburgring, au volant des BMW Z4 GT3 et M6 GT3. Il a même fait vibrer le public allemand lors d’apparitions remarquées en tant qu’invité dans le très relevé championnat DTM, prouvant que son handicap s’effaçait dès que le moteur vrombissait.
Cette fureur de vaincre s’exprimait avec la même intensité loin des circuits motorisés. Son entraînement herculéen, combiné à son expertise de la mécanique et de la trajectoire, l’a propulsé au sommet d’une nouvelle discipline : le handbike. Transformé en athlète paralympique de premier plan, il a décroché l’or aux Jeux de Londres en 2012 puis à Rio en 2016, devenant une icône mondiale pour toutes les personnes en situation de handicap.

Une célébration à jamais dans l’histoire
Si le grand public associe aujourd’hui son nom à ses exploits paralympiques, le monde de la course garde en mémoire le prodige de Bologne qui a conquis l’Amérique. Après des débuts frustrants en Formule 1, c’est de l’autre côté de l’Atlantique que Zanardi a révélé son génie instinctif. Entre 1997 et 1998, sous les couleurs du Chip Ganassi Racing, il survole la discipline avec deux titres mondiaux en CART et 15 victoires au compteur, forgeant sa légende par un sourire éternel et un coup de volant fulgurant.
Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, on doit beaucoup plus à Alex Zanardi, dont cette célébration que de nombreux pilotes font en monoplace aujourd’hui et qui le doivent au pilote italien. En effet, lors de sa première victoire en carrière en CART (à Long Beach en 1997), Alex Zanardi décide de célébrer sa victoire quelques mètres après avoir franchi la ligne d’arrivée avec une série de « donuts ». C’est cette figure qui consiste à faire pivoter sa monoplace en cercle en faisant patiner les roues arrière, dans un panache de fumée accompagnant la célébration de la victoire. Bien que la pratique fut interdit par les officiels de la discipline, dès sa deuxième victoire, cette célébration fut iconique pour le public, et désormais autorisée, au point qu’elle sera copiée par de nombreux pilotes dans d’autres disciplines.
Le dernier combat d’un guerrier face à la fatalité
Le destin de Zanardi a pourtant été marqué par une succession d’épreuves d’une cruauté rare. Outre le drame du Lausitzring, son parcours a de nouveau été fracassé en 2020 lors d’une course caritative de handbike, où il est entré en collision avec un camion. Ce choc a marqué le début d’une longue et douloureuse convalescence, une route vers la guérison rendue plus sinueuse encore par un incendie survenu dans sa villa en 2022.
Ces dernières années, l’Italien s’était retiré du regard public, menant son combat ultime dans l’intimité de sa demeure. S’il s’est éteint le 1er mai 2026, son héritage demeure gravé dans le cœur de millions de personnes pour qui il restera, à jamais, la définition même du mot courage. Sa force de caractère était telle qu’il avait été sacré sportif de l’année en Italie en 2012, un honneur célébrant sa réussite totale, avec ou sans moteur.
En ce moment de profonde douleur, toutes nos pensées accompagnent sa famille et ses amis proches. Alex Zanardi ne courait pas seulement après des trophées ; il courait après la vie avec une voracité qui nous oblige au respect.



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