L'efficience a fait triompher BMW
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Les leçons retenues des 24 Heures du Mans
De toute l’histoire des 24 Heures du Mans, la compétition de la Sarthe a toujours été un laboratoire à ciel ouvert pour les constructeurs, les marques, les manufacturiers pneumatiques et les différents acteurs impliqués. De toutes les époques, de nombreuses innovation technologiques ont été la clé de la victoire et ensuite adaptées à la voiture de Monsieur-tout-le-monde. Cette édition 1999 n’échappa à la règle, et BMW l’avait bien compris avec une idée concernant directement son bloc V12. Et ce fut la démonstration la plus pure et la plus flagrante qui soit de ce que Le Mans décide de son vianqueur.
Certes, une vitesse de pointe absolue aide, mais il s’agit d’une course d’endurance, ce qui signifie que la voiture comme le pilote doivent endurer. Et endurer, c’est exactement ce qu’a fait la BMW de Yannick Dalmas, Pierluigi Martini et Joachim Winkelhock. Contrairement à la gourmande Toyota, le V12 S70/3 de la BMW (une évolution du bloc découvert sur la McLaren F1) se montrait curieusement sobre, en partie peut-être grâce à la silhouette aérodynamique et glissante de la LMR. Elle était également réputée pour être relativement facile à emmener, s’adaptant à un large éventail de styles de pilotage. En clair, la LMR était une machine taillée pour tenir la distance ; car pour finir premier, il faut premièrement finir.
« La grande force du Mans 1999, c’est que la voiture était pour ainsi dire presque imbattable en termes de régularité », confiait le mécanicien de la voiture lors du Festival of Speed de Goodwood en 2022. « La régularité et la fiabilité de la machine étaient telles qu’on aurait pu faire une course de 48 heures. Le rythme de la Toyota était excellent, mais ils perdaient tellement de temps lors des arrêts aux stands. Les ravitaillements de BMW Schnitzer étaient conçus et chorégraphiés au millimètre par Charly Lamm, et cela a joué un rôle majeur. »


Le plus grand accomplissement de Schnitzer
En effet, le légendaire Karl « Charly » Lamm, qui nous a malheureusement quittés en 2019, considérait cette victoire au Mans comme le plus grand accomplissement de Schnitzer, parmi les innombrables succès glanés aux côtés de BMW. « Il y avait trois piliers », poursuivait notre homme. « Un excellent et puissant moteur de chez BMW, un très bon châssis signé Williams et le savoir-faire ainsi que l’effort collectif incroyables de Schnitzer et Charly Lamm. Sa façon de concevoir la course et les voitures… c’est l’homme le plus brillant que j’aie croisé de ma vie. C’était cette alchimie. Charly répétait toujours que cette victoire au Mans était « la course de notre vie », le plus grand succès de l’histoire de Schnitzer. »
L’équipe avait beau être une mécanique parfaitement huilée, encore fallait-il que la monture se montre coopérative. Et elle le fut, apprivoisée avec bonheur par tous ses pilotes. « Tous ceux qui l’ont pilotée s’accordent à dire que le comportement était facile. C’était juste simple, rapide, facile. Jörg Müller m’a dit un jour que c’était une voiture que n’importe quel pilote était capable de prendre en main. Parfois, vous avez des pilotes qui sont rapides et d’autres qui se battent avec la voiture en raison de styles de pilotage différents. Mais avec la LMR, tout le monde était à l’aise. »
Fort heureusement, BMW n’a pas hésité à relâcher régulièrement sa monture fétiche hors de son musée au fil des ans. On a pu la croiser régulièrement à Goodwood ainsi qu’au Mans Classic, où elle a fait son grand retour en 2012 avec l’un de ses vainqueurs, Pierluigi Martini, au volant. Ce fut un réel bonheur de la voir arpenter les circuits au fil des années, et ce fut tout aussi fantastique de voir BMW revenir au Mans avec sa descendance. Il ne reste qu’à espérer que lors de la conception de la M Hybrid V8, les têtes pensantes de chez BMW ont pris le temps de se pencher sur ce qui a fait, précisément, de la V12 LMR une machine digne de vaincre au Mans.




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