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Histoires de BMW : Série 6 (E24), le nez de requin

Un modèle devenu légendaire

Sommaire

Une gamme en constante évolution

La lignée débute avec la 630CS, animée par un 2,8 litres de 185 ch. En 1979, elle cède la place à la 628CSi, forte de 184 ch). Plus haut dans la gamme, la 633CSi développe 200 ch, tandis que la 635CSi grimpe à 218 ch. Après le restylage de 1982, seules les 628CSi et 635CSi subsistent. En 1987, la 635CSi gagne en souffle : 218 ch sans catalyseur, 211 ch avec. Une époque où la performance commence à composer avec les normes antipollution.

1984 : l’année où la Série 6 devient une légende

Le véritable tournant arrive avec la M635CSi, dévoilée en 1983 à Francfort. Deuxième véritable modèle Motorsport après la M1, elle transpose l’ADN d’une supercar dans un coupé quatre places. Son moteur, le M88/3, est un chef‑d’œuvre : 3,5 litres, double arbre à cames, quatre soupapes par cylindre, papillons individuels, injection Motronic. Résultat : 286 ch, 340 Nm, 255 km/h en pointe et un 0‑100 km/h en 6,4 s. En 1984, c’est de la dynamite.

Mais la M635CSi ne se résume pas à son moteur. Châssis renforcé, suspensions affermies, gros freins, différentiel autobloquant, boîte manuelle rapprochée… et un kit carrosserie discret mais musclé. À l’intérieur, sièges Recaro et cuir rappellent qu’on reste dans un grand tourisme, pas dans une bête de circuit.

Les variantes M6 : deux continents, deux philosophies

Aux États‑Unis et au Japon, la M635CSi devient M6, mais adopte un moteur différent : le S38B35, dérivé du 635CSi, catalysé et moins agressif. Il développe 256 ch et 330 Nm. Plus lourde, mieux équipée en sécurité, elle reste rapide mais moins explosive que la version européenne. Le second restylage impose le catalyseur à toute la gamme. La M635CSi tombe à 260 ch, son couple à 330 Nm, sa vitesse maxi à 242 km/h, et son 0‑100 km/h passe à 6,9 s. Une page se tourne : celle des moteurs M atmosphériques à la sauvagerie intacte.

Apparition sur grand écran

Comme beaucoup d’autres modèles, la Série 6 a aussi eu droit à son heure de gloire sur grand écran. Une version de la 635 CSi demande cependant un coup d’œil averti car ce n’est pas si évident de la reconnaître… mais un passionné de BMW ne peut pas la manquer. En effet, dans « Retour vers le futur II », la BMW 635 CSi fait une apparition aussi brève que savoureuse. On l’aperçoit dans les rues de Hill Valley version 2015, glissant parmi les véhicules futuristes imaginés par les studios. Bob Gale et Neil Canton, les producteurs de la trilogie a succès, ont choisi la BMW Série 6 pour incarner au mieux la philosophie des années 80.

Pour les amateurs d’animés, il y a une BMW Série 6 dans Nicky Larson (City Hunter en VO). Tsukasa Hojo, l’auteur du manga, est un grand passionné d’automobiles. Il a choisi la Série 6 car elle incarnait parfaitement le style « Grand Tourisme » de l’époque. Dans l’animé, elle est souvent dessinée avec un luxe de détails (jantes BBS à rayons, calandre caractéristique) qui tranche avec le côté populaire et exigu de la Mini (qui appartient à Nicky Larson). Une anecdote amusante, la Mini classique de Larson poursuit la BMW Série 6 qui est aux mains des méchants, ces deux marques évolueront sous le même groupe, quand Munich rachètera la firme britannique au début des années 2000.

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