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Histoires de BMW : cinq décennies d’évolution électrique

Les prémisses de la voiture électrique de grande série

La technologie était à présent opérationnelle pour une première expérience en grande série. BMW avait solutionné les défauts des premiers prototypes, il fallait à présent tester le marché. D’autant que la firme Munichoise n’avait pas renié ses racines, même avec la technologie électrique. Car, la batterie de l’ActiveE se composait de trois « unités de stockage » placées dans le compartiment moteur, de la transmission et du réservoir. Le moteur électrique reposait sur l’essieu arrière et la propulsion restait fidèle à l’architecture classique de la Série 1 Coupé. Cela renforçait donc l’identité BMW. Malgré une meilleure gestion thermique, l’ActiveE n’améliorait pourtant pas l’autonomie de la MINI E. Elle restait d’environ 160 kilomètres en usage normal.

Le mode ECO PRO permettait de prolonger légèrement cette distance. Mais la voiture, plus lourde, accélérait moins vite : 0 à 100 km/h en 9 secondes. BMW a construit environ 1 000 prototypes ActiveE et sur ce total, 700 ont été envoyés aux États-Unis pour des tests en conditions réelles avec des clients. Peter Trepp, ancien conducteur de MINI E, fut prioritaire pour un exemplaire ActiveE en 2012. Il décrivit une voiture « plus raffinée, plus équipée, plus BMW ». Tous les conducteurs n’étaient pas issus du programme MINI E. L’ActiveE servait aussi dans DriveNow, le service d’autopartage BMW lancé en 2011 dans plusieurs villes. DriveNow a fonctionné en Europe et à San Francisco, puis sous le nom ReachNow à Seattle, Portland et Brooklyn jusqu’en 2019. L’autopartage représentait un pilier de Project i. BMW voulait élargir sa clientèle au-delà de la propriété classique. Mais les contraintes de stationnement ont condamné le programme.

Une stratégie payante pour BMW

Ces essais grandeur nature avec des clients ciblés a permis à BMW d’avoir un retour efficace des attentes des conducteurs au quotidien. Mieux que des procédures internes sur des prototypes, l’expérience des futurs clients avait une plus grande valeur. Les prototypes électriques ont joué un rôle majeur car ils ont contribué au développement d’un nouveau mode de propulsion destiné à prendre de l’importance chez BMW et dans l’industrie mondiale. Les batteries retirées des véhicules ont aussi été réutilisées comme systèmes stationnaires de stockage, utiles notamment pour l’énergie solaire ou éolienne.

Les clients ont aidé BMW à perfectionner la technologie et leurs retours ont défini les attentes concernant l’autonomie, les réseaux de recharge et l’usage quotidien. BMW a également étudié les habitudes de recharge selon les pays. En Europe, on rechargeait seulement quand c’était nécessaire. En Amérique, les conducteurs branchent chaque jour. « Peut-être l’instinct du Far West », plaisantait Herbert Negele. « On fait le plein d’eau quand c’est disponible. » Paradoxalement, cette habitude a rassuré les compagnies d’électricité. Elle favorisait aussi l’usage des énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien.

Rich Steinberg expliquait : « Si de nombreux véhicules électriques absorbent l’énergie éolienne, le réseau y gagne. Et en cas de pic, l’électricité peut refluer vers le réseau. » En 2012, cela semblait futuriste mais aujourd’hui, c’est la réalité. Beaucoup de conducteurs équipent leur maison de panneaux solaires pour réduire encore leur consommation énergétique. Tesla a joué un rôle crucial qui a bouleversé l’industrie en 2012 avec la Model S et ses 480 kilomètres d’autonomie. Grâce à un prêt du Département de l’Énergie américain, Tesla a prouvé qu’un tel rayon d’action était possible. Son réseau de recharge rapide complétait cette avancée.

Aujourd’hui, Tesla propose même des tuiles solaires et des batteries domestiques. Malgré ses critiques, elle mérite le crédit d’avoir rendu l’électrique viable. BMW poursuivait néanmoins son chemin avec la Megacity Vehicle. La future i3 partagerait les mêmes limites d’autonomie que la MINI E et l’ActiveE. Surmonter ces contraintes nécessiterait une nouvelle génération de modèles. Et surtout, une décennie supplémentaire de progrès technologiques. Et c’est donc en 2025, que ces progrès seront réels avec la nouvelle génération de la Neue Klasse, introduite avec la nouvelle BMW iX3.

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