Bien que cette vis soit esthétique, elle a surtout pour mission de rendre impossible l’intervention aux concessionnaires non agrées par BMW.
BMW verrouille tout avec sa vis à logo
Alors que certains constructeurs annoncent vouloir faciliter les réparations de leurs véhicules, BMW vient de breveter une vis aussi élégante qu’exaspérante. Son crime ? Rendre impossible toute intervention sans passer par un concessionnaire agréé. Une provocation qui s’inscrit dans la grande tradition bavaroise : celle de faire cavaliers seuls, qu’importe si la solution est pratique… ou non.
Oubliez les classiques Torx, hexagonales ou cruciformes. BMW a imaginé une tête de vis en forme de son emblématique rondel. Deux quadrants creusés pour accueillir un outil dédié, les deux autres lisses, rendant toute tentative d’utilisation avec un tournevis standard purement et simplement impossible. Pour enfoncer le clou (ou la vis…), le logo BMW est même gravé en relief autour de la vis : une signature qui rappelle, au cas où vous l’auriez oublié, à qui appartient ce petit chef-d’œuvre de frustration.
Sur le plan esthétique, l’idée n’est pas dénuée de charme. Une vis qui arbore fièrement les couleurs de la marque, visible et distinctive, pourrait presque passer pour un détail de design soigné. Après tout, BMW a déjà dépensé près de 35 millions de dollars pour un atelier dédié aux peintures personnalisées. Pourquoi ne pas étendre cette obsession du détail aux éléments les plus anodins ?
Un brevet étonnant… destiné à limiter les interventions externes
Selon les documents du brevet, ces vis sont destinées aux applications structurelles et semi-structurelles : fixations de sièges, assemblages entre l’habitacle et la carrosserie… Des zones où un serrage précis est crucial. Mais BMW ne s’arrête pas là. Le brevet évoque aussi des déclinaisons à tête fraisée, ronde ou hexagonale creuse, ouvrant la porte à une généralisation de ce système dans des endroits bien moins critiques.
L’objectif ? « Empêcher le serrage ou le desserrage avec des outils courants par des personnes non autorisées », précise le brevet. Traduction : vous, votre garagiste de quartier ou votre mécanicien indépendant n’y aurez accès qu’à une condition : posséder l’outil spécifique, réservé aux réseaux agréés BMW. Une manière élégante de transformer une simple réparation de siège en visite obligatoire (et onéreuse) chez le concessionnaire.

À l’heure où des marques comme Ferrari révolutionnent la mécanique avec des pistons ovales, ou où Mercedes planche sur des voitures plus faciles à réparer, BMW choisit une voie bien différente : verrouiller l’accès à la mécanique de base. Une stratégie qui creuse un peu plus le fossé entre les propriétaires et leurs véhicules, tout en renforçant la dépendance aux centres agréés et aux tarifs qui vont avec.
Reste une lueur d’espoir : ce brevet, aussi ingénieux soit-il, n’est pour l’instant qu’un projet sur le papier. Toutes les inventions ne finissent pas en série. Les constructeurs automobiles déposent chaque année des centaines de brevets qui ne dépassent jamais le stade du dessin. Ceux-ci, déposés le 7 juin 2024 et rendus publics le 11 décembre 2025, ne font pas exception : ils ne sont, pour l’heure, que des esquisses sur papier.
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