Ce mardi 16 décembre 2025, la Commission européenne a reporté l’interdiction du moteur thermique programmé initialement à 2035. Mais les nouvelles conditions peinent à convaincre le futur ex-PDG de BMW, Oliver Zipse.
Oliver Zipse pensait qu’il était possible de faire mieux
Le patron sortant de BMW, Oliver Zipse, n’a pas mâché ses mots suite aux récents ajustements de la Commission européenne concernant le glas des moteurs thermiques. Entre critiques acerbes et constat d’absurdité, le constructeur bavarois s’inquiète de l’étau réglementaire qui se resserre.
L’heure n’est pas à la fête chez BMW. Dans un entretien accordé au quotidien Handelsblatt, Oliver Zipse a laissé éclater son mécontentement face aux nouvelles orientations de Bruxelles. Si l’exécutif européen semble avoir mis de l’eau dans son vin en assouplissant l’interdiction totale des moteurs thermiques initialement prévue pour 2035, ces concessions sont jugées dérisoires par le grand patron de Munich. Selon lui, bien que certains détails fassent un pas dans la bonne direction, le compte n’y est pas : « Nous sommes restés très loin de nos attentes », déplore-t-il.
Pour Zipse, le vernis de la flexibilité s’écaille vite. Il décrit un cadre réglementaire « extrêmement préoccupant », dénonçant une manœuvre qu’il qualifie d’« interdiction du thermique par la petite porte ». Il pointe du doigt des mesures qu’il juge par endroits « ubuesques », notamment pour le segment crucial des flottes d’entreprise. Dans cette catégorie, qui représente le poumon du marché automobile européen, Bruxelles exige une réduction des émissions de 95 % d’ici 2035 par rapport à 2021. Un seuil si drastique qu’il condamne quasiment le diesel et l’essence, forçant les entreprises à une transition électrique quasi intégrale, sans réelle alternative.
Un peu d’espoir pour les véhicules de loisir et passion ?
Dans ce paysage assombri, une petite fenêtre de tir subsiste. Pour le reste du marché, les constructeurs doivent désormais réduire l’empreinte carbone de leurs flottes de « seulement » 90 % (contre les 100 % initialement prévus). Cette marge de manœuvre de 10 %, bien que ténue, pourrait permettre de sauver le chant du cygne de modèles emblématiques et chargés d’émotion.
Des modèles iconiques tels que la BMW M3 ou la M5 pourraient continuer à vrombir au-delà de 2035, à condition de passer par la case hybride. La nouvelle BMW M5 (G90) fait déjà figure de pionnière et illustre ce que cette ère de transition peut offrir de mieux : une véritable cathédrale mécanique V8 hybride développant 727 chevaux. Malgré cette puissance colossale, elle est capable de parcourir jusqu’à 69 kilomètres dans un silence électrique total, affichant une consommation normalisée WLTP dérisoire de 4,8 à 5,0 litres aux 100 kilomètres.
En augmentant l’autonomie électrique et en affinant encore l’efficience, ces athlètes de haut niveau pourraient techniquement survivre à l’échéance de 2035. Toutefois, comme l’a suggéré Frank van Meel pour la future génération de la M3, si le moteur à piston résiste, il risque de finir par évoluer dans l’ombre de la performance brute des pur-sang 100 % électriques.
Milan Nedeljković succède à Oliver Zipse à la tête de BMW
Oliver Zipse explique ce que BMW attend de la Neue Klasse
Oliver Zipse : « aucune erreur n’est permise dans l’automobile »
La future berline BMW i3 promet beaucoup