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ESSAI MORGAN PLUS FOUR : le roadster fun et écolo

Je sais, le titre est un peu osé sur la partie écolo. Et pourtant. Avec 255 chevaux issus d’un moteur BMW, une boîte de vitesses à 8 rapports et un poids tout juste supérieur à 1 tonne, cette « petite » Morgan affiche des consommations et des performances étonnantes !

Design : délicieusement rétro

Une Morgan reste une voiture à part dans le monde de l’automobile pour plusieurs raisons. L’une d’entre elles est son design intemporel. La Plus Four, lancée en mai 2024, a été dessinée dans le but de « simplifier et réduire le bruit visuel » selon la marque. Personnellement, j’ai toujours pensé que les designs les plus simples sont ceux qui traversent le mieux les années. Pour mener à bien cette mission, les designers ont doté les faces avant et arrière de nouveaux éclairages.

Les nouveaux phares de 8 pouces, plus performants et fabriqués exclusivement pour Morgan, ont gagné un pouce de diamètre par rapport aux modèles précédents, intégrant les clignotants qui, du coup, disparaissent de la carrosserie, comme à l’arrière. Les ailes avant et arrière de la nouvelle Plus Four ont été entièrement redessinées et sont désormais fabriquées par formage à froid.

Le spoiler avant et le diffuseur arrière ont aussi été revus et reçoivent une finition gris foncé mat afin de réduire leur présence visuelle et d’alléger la silhouette. Un nouveau badge de modèle, qui adopte la typographie maison H.F.S. Bold, et de nouveaux rétroviseurs extérieurs en aluminium font leur apparition.

Vie à bord : étroitement

S’installer à bord d’une Morgan, ça se mérite, surtout avec la capote en place. Après quelques contorsions (et pourtant je ne mesure que 1,78 m), on se retrouve face à un petit volant, un petit écran LCD, un petit tableau de bord avec des petits compteurs. La finition de notre modèle d’essai est d’un très bon niveau et l’intégration du levier de la boîte automatique d’origine BMW est particulièrement réussie.

La pluie abondante durant une partie de l’essai ne nous a pas permis de décapoter, mais nous avons pu nous rendre compte que la capote n’est (toujours) pas étanche ! Tout comme les portières, qui laissent passer l’air et l’humidité à hauteur du dossier. On pense alors qu’on n’a pas bien fermé la porte… on s’arrête, on la claque à nouveau et on comprend vite que le problème ne vient pas de là.

Enfin, l’ergonomie des commandes, où un même bouton peut servir à plusieurs choses, déroute un peu au début. Mais le plaisir de conduire cette Morgan est bien au-dessus de ces « désagréments ».

Au volant : quel pied !

Sous le capot, Morgan poursuit sa collaboration avec BMW. On retrouve le 4 cylindres en ligne 2.0 litres TwinPower Turbo, qui développe 255 chevaux. Avec seulement 1 009 kilos (à sec) à mouvoir, il permet de passer de 0 à 100 km/h en seulement 4,8 secondes, soit un peu moins bien que le temps d’une M3 ancienne génération (431 chevaux), qui demande 4,3 secondes. Par contre, le match ne tient plus à partir de 140 km/h, où la M3 se détache pour pointer rapidement à 250 km/h. Mais la Morgan s’accroche et pose son aiguille sur le chiffre 240, mais bien plus tard… Ce n’est pas si mal !

Au-delà des chiffres, ce sont les sensations qu’offre la Morgan qui donnent un grand sourire. Tout commence par la position de conduite. Attention en abordant un rond-point… le nez de l’auto, en raison de ce long capot, « arrive bien avant vous ». Et lors des manœuvres pour un créneau, quand on se retourne, on a la sensation que la voiture s’arrête derrière le siège.

En conduite coulée, la Morgan Plus Four offre un confort tout à fait acceptable. Elle absorbe bien les irrégularités de la route. Sur voie rapide, entre 90 et 100 km/h, nous avons relevé un étonnant 5,5 litres pour 100 km ! Il faut dire que la boîte automatique à 8 rapports, couplée au poids très bas pour une voiture moderne, forme un mariage très intelligent.

Quand le rythme augmente, après avoir au préalable pressé le bouton « sport’ sur la jolie console centrale, on prend les choses en main grâce aux palettes situées derrière le volant. Le visage change totalement. La sonorité du moteur est conforme à ce que l’on peut attendre d’un petit roadster anglais. C’est rauque à bas régime mais ça manque un peu de noblesse au fur et à mesure que les tours montent. Par contre, chaque changement de rapport « claque » et la poussée reprend. Les 400 Nm de couple, disponibles de 1 000 à 4 300 tr/min, aident bien. Même à ce rythme très soutenu, la consommation reste raisonnable : entre 10 et 12 litres/100 km. La légèreté, ça paye !

Le Pack Dynamic Handling optionnel (2 900 euros TTC), qui équipait notre monture, développé avec le spécialiste de la suspension Nitron et fabriqué exclusivement pour Morgan, comprend des ressorts avec amortissement réglable à une voie et assiette de ressort ajustable, ainsi que l’ajout d’une barre antiroulis arrière. Ainsi parée, quand la Plus Four arrive dans un virage, l’avant s’inscrit avec envie, l’arrière suit. On remet les gaz en espérant que le prochain virage ne soit pas trop loin. On ne s’attendait pas à cela lors de la remise des clés. Ces mêmes clés qu’on aurait bien rendues en septembre, histoire de passer de jolies vacances et longues vacances en sa compagnie.

Conclusion essai Morgan Plus Four

Attachante et surprenante, la Morgan Plus Four fait partie de ces voitures qui vous rendent le sourire dans cet univers de SUV électriques. Mêlant artisanat traditionnel et technologie moderne, elle est fabriquée sur mesure grâce à des combinaisons de coloris quasi infinies. Il faut compter au moins 100 000 euros mais « seulement » 2 544 euros de malus pour 142 grammes de CO₂/km. Merci le poids !

Texte et photos : P HORTAIL

Galerie photos Morgan Plus Four

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