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« La Balade Française » prend en main la BMW M4 (G82)

La BMW M4, de deuxième génération, baptisée G82 a fait couler beaucoup d’encre. Décriée, puis finalement plébiscitée, que vaut ce coupé sportif de BMW quand on veut le conduire au quotidien, ou s’amuser avec le week-end ?

M4 G82, puissante, mais facile à prendre en mains

Le BlogBMWfr, partenaire de La Balade Française, souhaitait mettre en avant un essai routier sous un angle différent des essais que l’on produit à l’année. Avec l’œil avisé d’un passionné des BMW qui en a possédé plusieurs, son ressenti derrière le volant est intéressant à tous les niveaux. De l’évolution du comportement routier des coupés chez BMW à cette débauche de puissance aujourd’hui disponible sous le capot de la M4 G82, vous aurez une fine analyse et appréciation de ce très beau véhicule, tout à fait exploitable au quotidien, malgré ce qu’elle laisserait paraître.

Qu’en est-il de cette idée reçue (et tenace) à propos des freins chez BMW ? La monte pneumatique d’origine est-elle la meilleure ? Comment est ce moteur 6 cylindres S58 fort de 530 ? Est-ce qu’une transmission intégrale ne trahit pas l’ADN de la firme de Munich ? Notre hôte répond à tout et encore bien plus, pour (re)découvrir cette M4 G82.

G82, digne héritière d’une F82 qui avait déjà jeté de bonnes bases

Quand la division Motorsport de Munich renouvelle son icône, le monde de l’automobile retient son souffle. Remplacer la BMW M4 F82, apparue en 2014 pour pérenniser le mythe du coupé sport bavarois après le règne de la M3 E92, relevait d’un exercice d’équilibriste à haut risque. En débarquant avec la BMW M4 G82, le constructeur n’a pas simplement tourné une page : il a brisé les codes, balayé les compromis et redéfini la notion même de coupé ultra-performant.

Face à une devancière aux lignes félines, la G82 s’avance tel un rouleau compresseur technologique. Esthétique polarisante, cavalerie débridée, transmission intégrale inédite et dimensions de limousine : tout oppose en apparence ces deux sœurs d’armes. Pourtant, sous le maelström des controverses et la course aux chiffres, une question demeure : la nouvelle venue a-t-elle conservé l’âme originelle du blason Motorsport, ou s’est-elle métamorphosée en un monstre d’efficacité chirurgicale mais désincarné ?

Esthétique et gabarit : de l’élégance affûtée au monolithisme assumé

Visuellement, le passage du flambeau s’apparente à une véritable rupture tectonique. La M4 F82 déroulait une silhouette d’une grande fluidité, avec ses proportions sveltes, son capot bombé traversé d’une nervure musclée et sa calandre aux naseaux horizontaux traditionnels, elle incarnait une élégance athlétique classique.

À l’inverse, la M4 G82 impose une présence quasi théâtrale. Dominée par cette calandre béante à double haricot vertical sans encadrement, elle semble vouloir dévorer l’asphalte et l’air environnant. Les ouïes sculptées sur le capot en carbone, les ailes hypertrophiées et le diffuseur arrière encadrant quatre sorties d’échappement gargantuesques composent un langage stylistique provocateur.

Cette métamorphose visuelle s’accompagne d’une crise de croissance spectaculaire sur la balance comme sur le mètre ruban :

  • Longueur : La G82 s’étire sur 4 794 mm, soit une hausse de 123 mm par rapport aux 4 671 mm de la F82.
  • Largeur : Elle gagne 17 mm pour atteindre 1 887 mm (contre 1 870 mm auparavant).
  • Hauteur : Le toit culmine à 1 393 mm (+10 mm par rapport aux 1 383 mm de la F82).
  • Empattement : Il s’allonge de 45 mm pour s’établir à 2 857 mm (contre 2 812 mm sur la F82).

Dans l’habitacle, le saut générationnel saute aux yeux. Là où la F82 proposait un cockpit orienté vers le conducteur avec des compteurs analogiques classiques et une ergonomie sans fioritures, la G82 plonge dans l’ère du tout-numérique avec le double écran incurvé BMW Curved Display, combiné à des baquets M Carbon optionnels aussi spectaculaires qu’intransigeants pour le maintien.

S55 contre S58 : le choc des blocs de 3,0 litres

Sous le capot, les deux générations restent fidèles à la grande tradition bavaroise : le 6 cylindres en ligne de 3,0 litres survolté par deux turbocompresseurs. La M4 F82 étrennait le bloc S55B30, volubile et brut de décoffrage, il développait 431 ch sur le modèle standard, grimpant à 450 ch avec le Pack Compétition et 460 ch sur la déclinaison CS. Son couple de 550 Nm, disponible dès 1 850 tr/min, déferlait sur les roues arrière avec une violence brute sur chaussée humide. La M4 G82 hérite quant à elle du bloc S58B30T0, directement dérivé de la compétition avec son vilebrequin forgé et son cœur de culasse imprimé en 3D. Les chiffres prennent une tout autre dimension :

  • Version standard (BVM6) : 480 ch et 550 Nm.
  • Version Competition (BVA8) : 510 ch et 650 Nm de couple (de 2 750 à 5 500 tr/min).
  • Version Competition LCI (mises à jour récentes) : jusqu’à 530 ch en version M xDrive.

Autre virage technologique majeur : la transmission. La F82 laissait le choix entre une boîte manuelle à 6 rapports et la fulgurante boîte à double embrayage DKG à 7 rapports, connue pour ses passages de vitesses au couperet. La G82 tire un trait sur la DKG au profit d’une boîte automatique à convertisseur de couple M Steptronic à 8 rapports signée ZF. Plus douce au quotidien, elle conserve une rapidité d’exécution stupéfiante en conduite sportive, tout en encaissant le surplus de couple sans broncher.

La bataille de la balance : le poids face à la physique

C’est ici que réside le point le plus controversé de cette mutation. La BMW M4 F82 faisait figure d’élève modèle en matière de contrôle pondéral grâce à un usage massif de plastique renforcé de fibres de carbone (CFRP) pour le toit, le arbre de transmission et la barre anti-rapprochement :

  • Poids à vide (DIN) F82 : environ 1 497 kg en boîte manuelle et 1 520 kg avec la boîte DKG.

Sur la M4 G82, l’inflation des dimensions, le renforcement structurel du châssis et l’équipement technologique pléthorique se paient cash sur la balance :

  • Poids à vide (DIN) G82 Standard (480 ch RWD) : 1 700 kg.
  • Poids à vide (DIN) G82 Competition (510 ch RWD) : 1 725 kg.
  • Poids à vide (DIN) G82 Competition M xDrive : 1 775 kg (soit près de 1 850 kg en norme EU avec conducteur).

Accuser la G82 de surcharge ponctuelle serait pourtant une erreur d’appréciation. Car sur la route, les ingénieurs de Garching ont accompli un prodige de physique appliquée. Grâce à des voies élargies (+38 mm à l’avant), un train avant au de guidage chirurgical, un amortissement piloté ultra-réactif et surtout l’arrivée optionnelle de la transmission intégrale M xDrive, la G82 masque son embonpoint avec une aisance déconcertante. En mode M xDrive, le système privilégie le train arrière mais verrouille la trajectoire avec une motricité diabolique, permettant d’extraire la voiture des virages à des vitesses hors de portée de la F82. Pour les puristes, le mode 2WD permet de déconnecter totalement l’essieu avant et d’annihiler les aides à la conduite, transformant la G82 en une machine à drift pures propulsions.

Sur l’exercice du 0 à 100 km/h, la M4 G82 M xDrive colle une demi-seconde complète à sa devancière, expédiant l’exercice en 3,5 secondes grâce à sa motricité totale au départ arrêté. Même en version simple propulsion (RWD), la G82 Competition réalise l’exercice en 3,9 secondes, passant sous la barre symbolique des 4 secondes.

L’essai complet de cette BMW M4 G82

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