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Il était une (mauvaise) fois : la BMW Série 3 E36

 

En 40 ans de journalisme automobile, Patrice Vergès a conduit près de 1500 voitures autant modernes qu’anciennes. Il nous conte ses essais de youngtimers avec une mauvaise foi qu’il revendique. Aujourd’hui la BMW Série 3 E36 des années 90…

Serie 3 E36-8

Subjugués ! En ce mois de décembre de 1990, lorsque nous avons découvert la nouvelle Série 3, nous avons été tous subjugués par sa silhouette sculpturale qui tranchait beaucoup avec les précédentes E30 carrées comme des boîtes à chaussures. La E36 a inauguré un design qui perdure toujours chez BMW. Porte à faux avant bref et agressif, poupe épaisse, pavillon profilé, ailes musclées. Même à l’arrêt, elle semblait en excès de vitesse ! Je ne connais pas quelqu’un qui connaît quelqu’un qui n’a pas eu le coup de foudre pour la ligne de cette voiture. Elle démoda brusquement la précédente et surtout sa concurrente, la Mercedes 190 E qui semblait d’un autre temps. D’ailleurs, prés de 25 ans après sa naissance, sa silhouette est toujours actuelle excepté au niveau de la taille des roues de 15 pouces qui semblent bien fluettes aujourd’hui.

Sec, ok, mouillé ko !

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La M3 proposée en coupé puis en berline adopta le 6 cylindres poussé à 286 ch

Si ma mémoire est bonne, les essais avaient lieu prés de Nîmes et je crois même que nous l’avons pilotée sur le circuit de Miramas appartement à BMW. Le temps de se rendre compte qu’elle n’était pas qu’une simple réussite esthétique ni aérodynamique ce qui était nouveau chez BMW.

La E36 tenait beaucoup mieux sur le goudron que la génération précédente avec une motricité bien supérieure (nouvelle géométrie AR), des masses mieux réparties et globalement mieux assise sur des voies élargies. Nous l’avions essayée sur le sec, mais c’est vrai que sur le mouillé, une BMW d’alors sans aucune assistance électronique restait une BMW. Il fallait se poser quelques questions existentielles avant de provoquer les 192 chevaux de la 325i. Ah oui, car je ne vous ai pas tout dit. Le 6 cylindres 2,5 l de la 325 avait gagné quelques 22 chevaux par rapport à l’ancienne en se coiffant d’une culasse à 24 soupapes. Soit 192 !

La mélodie du bonheur

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En photo, la finition fait soignée. Pour de vrai, les matériaux faisaient un peu bas de gamme

Une mécanique pleine de vie, un peu moins vive en bas, mais plus tonique en haut et qui lâchait une merveilleuse mélodie. Les Béhème de cette époque chantaient encore fort. On changeait de rapport rien que pour le plaisir de manipuler une commande de boîte géniale et d’entendre miauler le 6 cylindres !

Avec ses 113 ch, la 318 4 cylindres était évidemment moins excitante et surtout moins agréable à entendre. Mais, on ne peut même pas dire qu’elle nous apparut sous motorisée à l’époque. Elle accueillit bientôt le 16 soupapes de 140 ch que nous conduisîmes un peu plus tard sur le coupé. Mais c’est une autre histoire.

Tout aurait été parfait s’il n’y avait pas eu des petites choses qui fâchèrent. La voiture avait pris du poids ce que regrettèrent certains journaleux puristes de canards très spécialisés qui croyaient que la route était un circuit de vitesse. Que la nouvelle E36 se soit embourgeoisée par rapport à la précédente ne me gênait guère. Ce qui me peina, c’est la finition en baisse avec des matériaux qui avaient perdu de leur douceur esthétique par rapport à l’ancienne. D’autant qu’elle n’était pas donnée. Comme les BM d’aujourd’hui la liste des options était infiniment longue. D’ailleurs, aujourd’hui, BMW ne donne plus la liste des options aux journalistes de peur certainement de trop alourdir leurs valises.

Riche pour la Bayerische

Serie 3 E36-1

Ses qualités dynamiques étaient en net progrès du moins sur le sec

Fin 1990, une 325 coûtait prés de 200 000 francs ce qui correspond en gros à 50 000 euros actuels, sensiblement le prix d’une 335I qui peut lui être comparée. Plus les options ! Voici grosso-modo leur équivalence en euros 2015. Sellerie cuir à 2700 euros, vitres arrière électriques à 800 euros, lave-phares à 700 euros, régulateur de vitesse à 900 euros, rétroviseurs dégivrants à 250 euros, climatisation à 3500 euros. Gloups ! Ne vous plaignez pas, elle avait des jantes en alliage de série ce que n’offrait pas la 318. C’est toujours le cas de la Série 1 de base. Décidemment la Bayerische Motoren Werken aime les riches. Elle !

Si cette E36 séduisit de nombreux acheteurs, à l’usage, beaucoup furent quelque peu déçus par une nette baisse de la fiabilité par rapport à l’ancienne. Ses échappement se perçaient, ses interrupteurs n’étaient plus au courant de qu’ils avaient à faire, ses garnitures se décollaient, son cuir se craquelait, ses triangles avant se baladaient tandis que le pont à l’arrière se baguenaudait. Ce qui n’empêche pas qu’on en trouve aujourd’hui sur de nombreux sites d’occasion avec près de 300 000 km au compteur. En cherchant bien, on en déniche de fort bien entretenues totalisant moins de 200 000 km autour de 3500/4000 euros. Ce qui donne un rapport prix plaisir performances assez exceptionnel. Cette Béhème, on l’aime…

Texte : Patrice Verges

Photo : BMW press

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    Un commentaire

    1. Brindavoine03

      ces E36 ont insufflé un nouveau souffle à la marque,
      en ouvrant les portes à une nouvelle clientèle, moins puristes qu’auparavant……l’arrivée de diesel réussis (325 td) n’y ait aussi pas étrangère.
      le Coupé reste pour moi, une des plus belles réussites de la marque, et n’est pas démodé aujourd’hui, au contraire.

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