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BMW : 30 ans de la victoire de la M3 E30 au Tour de Corse

Retour sur une victoire mythique !

Quand un constructeur comme BMW décide de monter un programme dans une discipline, il n’est bien sûr pas question de projeter un plan touristique avec découverte et apprentissage au programme. Si les années 1985 et 1986 étaient placées sous le signe des championnats sur circuits avec  un pilote talentueux comme Bernard Béguin aux commandes de la M3, l’abolition du groupe B par la FISA en rallye a ouvert de nouvelles pistes.

Comme pour plusieurs constructeurs de l’époque il était temps de réinterpréter  les nouveautés du règlement du groupe A au plus haut niveau qu’il soit. Une aubaine pour la marque à l’hélice qui malgré un « timing » très serré avait une carte à jouer en championnat du monde des rallyes avec une auto à la compétitivité envisageable, même face aux quatre roues motrices de la concurrence italienne.

Le développement était alors lancé à quelques encablures de l’échéance insulaire, un rendez-vous qui a souvent réussi aux deux roues motrices. La M3 E30 groupe A allait quitter les circuits vers les épreuves spéciales du championnat du monde des rallyes. Mais avant cela, il n’était bien-sûr pas envisageable malgré le talent certain de Bernard Beguin, de prendre un départ en Corse sans avoir essayé l’auto en condition de course. C’est donc au Rallye des Guarrigues et au Rallye de Touraine que la nouvelle groupe A allait essuyer les plâtres. Nous en conviendrons, cela fait peu, très peu pour songer à une place d’honneur face à une armada italienne qui vit en rallye depuis plusieurs saisons. Mais « impossible » ne semble pas faire partie du vocabulaire de cette fabuleuse équipe de course, alors en route vers la Corse !

Telle une Croisade, cette aventure visant à transmettre la bonne parole assurant qu’une voiture à deux roues motrices et pourvue d’un moteur atmosphérique à sa place en Championnat du Monde des Rallyes en 1987, ingénieurs, mécaniciens, équipages, tout le monde était aux affaires jusqu’à tard dans la nuit avant le départ pour régler les derniers détails sur les suspensions de la M3. La recette ne faisait aucun doute, il ne fallait rien négliger face aux Lancia, et leurs deux pilotes de talent. Dont un qui a comme léger avantage d’être Corse, Yves Loubet qui connaît les moindres recoins de son île ! Vérifications techniques, administratives, parc fermé pour les autos, parc concurrents pour les équipages, la machine est lancée, et le rallye aux dix mille virages va reprendre ses droits après une édition 1986 endeuillée par la disparition de l’équipage Toivonen/Cresto après une sortie de route au volant de leur démoniaque Groupe B.

Et soudain, la grêle !

Le départ est donc donné sur les routes sinueuses de l’île de beauté qui allait réserver son lot de surprises aux participants de cette édition 1987. Un début de rallye qui pour le coup donne le ton sur le potentiel de la nouvelle venue avec un temps scratch dans la première spéciale qui permet à l’équipage Béguin/Lenne de prendre les commandes du rallye et cela jusqu’au cinquième chrono. De quoi refroidir Yves Loubet qui reste en embuscade, mais qui ne parvient tout de même pas à reprendre l’avantage. Mais c’était sans compter sur l’évènement marquant de cette édition ! Grêle et neige s’abattent sur le Col de la Vaccia, une punition sans appel pour les deux roues motrices de la BMW montée en pneus slicks. Mais malgré ce désavantage notoire, Bernard Béguin assure le travail et ne se fait doubler par le pilote insulaire et sa Lancia qu’à quelques kilomètres de l’arrivée. De quoi limiter les dégâts avant un retour à la normale pour le lendemain.

C’est donc un affrontement entre titans qui s’est enclenché à l’issue de cette spéciale apocalyptique. Nous retrouvions un Yves Loubet qui avait refait son retard mais qui était encore loin de pouvoir se permettre d’assurer son rallye, et un Bernard Béguin qui se rendait compte que tout était encore possible sur le sec. Rythme de folie, attaque à outrance  étaient les maîtres mots jusqu’à une touchette de la part du pilote de la Lancia qui lui aura causé une crevaison. Comme l’avoue encore aujourd’hui Bernard Béguin : «  Nous attaquions tous les deux au maximum, cela aurait donc tout aussi bien pu être moi ». Un fait de course qui joue alors à l’avantage de l’équipage de la M3 groupe A qui n’a plus qu’à gérer sa course jusqu’à l’arrivée. Un dénouement qui offre la seule et unique victoire de la M3 E30 groupe A en championnat du monde des rallyes devant les équipages Loubet/Vieu et Biasion/Siviero.

Si Bernard Béguin peut savourer encore et encore cette victoire inattendue, et le plaisir d’un défi relevé, la décision peut-être sage de l’usine de ne pas prolonger l’aventure en 1988 donnera pour toujours un goût d’inachevé. Et cela malgré le fait que les manches sur terre et neige du Championnat auraient été de véritables supplices pour la M3 face aux quatre roues motrices. Telle une véritable légende, elle est venue et a vaincu avant de repartir par la grande porte !

Texte et illustration : Guillaume PONS

Le Tour de Corse 1987 en détails en vidéo

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